
Mellgren A., Anzen B. et al
Dis Colon Rect 1995; 38: 7-13
La rectocœle symptomatique provoquant une constipation est fréquente. Les auteurs évaluent les résultats d’une technique classique par voie périnéale avec reconstitution du fascia recti et myorraphie des releveurs. Vingt-cinq patientes ont été évaluées en pré et postopératoire par un interrogatoire standardisé, un examen clinique détaillé, une défécographie, un temps de transit, une manométrie et une exploration électrophysiologique. L’âge moyen était de 59 ans.
Avant l’intervention, 24 étaient constipées, 12 pratiquaient des manœuvres digitales, 21 avaient une rectocœle clinique, 2 n’avaient pas de vraie rectocœle mais un amincissement du septum, 2 avaient un examen clinique normal, 13 avaient déjà subi une intervention pelvienne ou colorectale. Toutes avaient une rectocœle à la défécographie.
La profondeur moyenne était de 4,5 cm. Quatorze ne se vidaient pas, 8 se vidaient un peu et 3 complètement. Cinq avaient un anisme à l’EMG.
Après l’intervention, 21 ont été améliorées. Parmi les 4 patientes non améliorées, 3 présentaient un transit des marqueurs pathologiques.
Une patiente présentait encore une rectocœle clinique. Une cystocèle est apparue. La défécographie a montré 4 rectocœle de deux cm de profondeur cliniquement asymptomatiques. L’EMG a montré paradoxalement 9 anismes dont 3 pré-existaient.
Deux des cinq patientes qui avaient un anisme préopératoire n’ont pas été améliorées.
Cette étude claire et simple montre de bons résultats d’une technique classique de réparation par voie intervagino-rectale plicaturant le fascia recti et réalisant une "bonne" myorraphie des releveurs associée à une exérèse économique de la paroi vaginale et à une restitution du noyau fibreux central du périnée.
Les résultats sont très satisfaisants. 52 % des patientes ne sont plus du tout constipées.
L’anisme a été amélioré chez 3 patientes sur 5, ce qui est intéressant même s’il faut rester prudent dans cette indication.
On reproche souvent à cette technique le risque de dyspareunie. Trois patientes sur 16 femmes sexuellement actives ont présenté une dyspareunie. Rappelons qu’une colpectomie économique et une myorraphie basse modérément serrée évitent ces troubles.
Cette technique peut être associée à la cure d’un prolapsus génital complet, mais le temps postérieur est alors plus complexe. On lui oppose souvent la voie endorectale qui traitera mieux une lésion proctologique associée mais qui paraît moins indiquée lorsque les lésions périnéales sont importantes. Il faut rappeler que la reconstitution d’un corps périnéal solide est essentielle et que le septum est au mieux restauré par la myorraphie. C’est pourquoi la plupart des auteurs ne traitent par voie endorectale que les rectocœle sus-lévatoriennes avec périnée solide.
Docteur Jean Louis Berrod
Mots clefs: rectocoele, chirurgie, traitement chirurgical, périnée.
mis en ligne le 1er mai 1999