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Septembre 2016
L'article du mois à connaître :

La toxine botulique pour traiter la fissure anale rebelle ?
Oui, mais à petite dose…

Dis Colon Rectum. 2016 Sep;59(9): 886-94.
Appréciation
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Mots clefs :
fissure anale, toxine botulique

Le proctologue est bien embêté lorsque la fissure anale de son patient « refuse » de cicatriser !


Gestion du transit, topiques locaux, médicaments par voie générale en échec : alors que faire avant un geste chirurgical ?
Ces auteurs new-zealandais proposent une méta-analyse à partir d’une revue complète de la littérature pour répondre aux deux questions suivantes : quelle dose de toxine botulique injecter, et où ?

À partir de 18 essais cliniques de qualité regroupant 1158 patients dont 661 recevant un traitement par toxine botulique, ils en tirent les résultats significatifs suivants : il y a une diminution du taux de cicatrisation à 3 mois (p=0,048), une augmentation du risque d’incontinence anale (p=0,048) et une augmentation du risque de récidive (p=0,0002) avec chaque augmentation de la dose de toxine injectée !
Quant au site d’injection, cette méta-analyse ne permet pas de conseiller les lecteurs.

Les auteurs concluent donc pour vous qu’il faut faire de faibles doses de toxine botulique (par exemple 20 UI) et pour l’instant où vous voulez...
Rappelons ici que dans une revue systématique de la Cochrane datant de 2012, Nelson et collaborateurs ont montré que les traitements médicaux de la fissure chronique tels que dérivés nitrés locaux, antagonistes du calcium ou toxine botulique ne faisaient que très faiblement mieux que le placebo (50% de cicatrisation avec ce dernier) dans les essais prospectifs randomisés, et étaient de loin moins efficaces que le traitement chirurgical.

À suivre…

Jean-Luc Faucheron, Grenoble

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