Principe

Rechercher et caractériser des lésions de néoplasies anales intra-épithéliales (AIN) en particulier de haut grade (HSIL), à l’aide d’une loupe et de colorations.

Indications

  • L’AHR est recommandée dans le cadre du dépistage chez les personnes à risque vivant avec le VIH : les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, les femmes et les hommes ayant un antécédent de pathologie liée au HPV.
  • Le dépistage dans les autres populations à risque (femmes ayant des atcd de néoplasie cervicale liée au HPV, patients greffés sous traitement anti-rejet…) n’a fait l’objet d’aucune recommandation.
  • L’AHR est rarement effectuée seule, mais plutôt en combinaison avec la cytologie anale (frottis), la recherche de portage de HPV, l’examen clinique proctologique simple. Les modalités précises de ce dépistage n’ont pas fait l’objet de recommandations consensuelles.

Contre-indications relatives

  • Allergie à l’iode : dans ce cas ne pas utiliser le Lugol.
  • Plaie anale et en particulier plaie chirurgicale non cicatrisée qui limitera la tolérance de l’examen.
  • Une sténose anale n’est pas une contre-indication mais peut limiter les performances de l’examen.

Préparation

  • Aucune (lavement non nécessaire).

Anesthésie

  • Aucune, mais prévoir une anesthésie locale avant d’éventuels prélèvements.
  • Cet examen peut également être fait sous anesthésie générale si les prélèvements s’annoncent nombreux, s’il y a des lésions étendues à traiter dans le même temps, si le patient le demande…

Position du malade

  • Genupectorale
  • Ou décubitus latéral gauche, cuisses fléchies (position fœtale)
  • Ou position de la Taille au bloc opératoire

Matériel spécifique

  • Colposcope avec mise au point progressive et si possible appareil photo ou sortie vidéo (Figure 1), ou appareil spécifique type Proctostation® avec anuscope adapté (Figures 2 et 2 bis)
  • Dakin® pour la désinfection cutanée avant prélèvement, la Bétadine® contenant de l’iode peut gêner les colorations.
  • Acide acétique à 3% (voire 5%).
  • Lugol à 2%.
  • Tampons pour application des colorants et nettoyage.
  • Pinces à biopsies utilisables à travers l’anuscope.
  • Anuscopes standards de taille variable.
  • Matériel de petite chirurgie en cas de biopsies.
  • Eventuellement infra-rouge pour le traitement des lésions dans le même temps. Ou bistouri électrique ou laser au bloc opératoire.
Figure 1 : colposcope équipé d’un appareil photo.
Figure 2 : anuscope de la Proctostation®.
Figure 2bis : caméra de la Proctostation®.
Figure 3 : table avec matériel nécessaire
Figure 4 : Colorants vitaux. Cupules pour acide acétique et lugol et bâtonnets pour leur application.

Les principales étapes

Si l’on souhaite réaliser un frottis anal, celui-ci doit être fait avant l’examen, sans lubrification du canal anal.

  • Examen proctologique standard avec inspection à l’œil nu et palpation de la marge anale et de l’endo canal
  • Nettoyer d’éventuelles traces de selles au sérum physiologique ou au Dakin®
  • Appliquer l’acide acétique à l’aide d’un tampon de compresses de gaze hydrophile, éventuellement au travers de l’anuscope (voire pulvériser l’acide acétique à l’aide d’un spray). Le tampon doit être laissé en place dans le canal anal durant 1 minute pour permettre l’absorption par la muqueuse de l’acide acétique. Il peut s’avérer nécessaire de répéter l’application d’acide acétique, toujours à l’aide d’un tampon, toutes les 2 à 3 minutes pendant la durée de l’examen ; celui-ci permettra en outre de déplisser la muqueuse.
  • Sur la marge anale, l’application doit durer environ 3 minutes pour permettre à l’acide acétique de bien pénétrer cet épithélium malpighien kératinisé.
  • L’examen au colposcope doit être soigneux et il faut s’assurer que toute la zone transitionnelle a été bien examinée sur toute la circonférence du canal anal.
  • L’application de Lugol est pratiquée dans un second temps et permet de caractériser les lésions repérées : elle devient vite au fil de l’expérience centrée uniquement sur les zones d’intérêt.
  • Si des zones s’avèrent suspectes de dysplasie, il conviendra de les biopsier selon une cartographie précisément détaillée dans le compte-rendu, pour optimiser le traitement à suivre, et assurer un suivi clinique pertinent.

Elaboration du compte-rendu

Le compte-rendu mentionnera la qualité de l’examen en précisant en particulier si la zone transitionnelle a pu être visualisée dans son ensemble. Il décrira les caractéristiques sémiologiques des lésions, les lieux des prélèvements en s’aidant d’un schéma et d’éventuelles photographies des lésions. Seront ainsi précisés :

  • Les limites des lésions : nettes, régulières, distinctes ou imprécises.
  • L’aspect plan ou en relief.
  • L’intensité de la réaction acidophile.
  • La surface des régions acidophiles : lisse, régulière ou nodulaire ; absence ou présence d’excroissances papillaires.
  • La présence de vaisseaux rigides ou anormaux, aspect en mosaïque ou en ponctuations.
  • La réaction après l’application de Lugol.
  • La conclusion de l’examen ; notamment en terme de suspicion de lésion de haut grade, de bas grade.

Dr Isabelle ETIENNEY. Mai 2013

Mise à jour Dr Charlotte FAVREAU-WELTZER, pour le Comité du Site de la SNFCP, septembre 2019.