Le prurit anal est l’ensemble des sensations cutanées qui déclenchent le besoin de grattage au niveau de l’anus

Le prurit anal est fréquent car l’anus est une région propice au prurit : l’innervation est importante, la physionomie de la zone offre des multiples plis favorisant la macération, cette zone est parfois trop lavée, ou pas assez…

Le prurit anal est quatre fois plus fréquent chez l’homme que chez la femme, la cause en est inconnue la plupart du temps : on parle alors de prurit anal idiopathique, ou sine materia.

Parfois il existe une cause à ce prurit ; cette cause peut être proctologique – donc en rapport avec une maladie de l’anus – (incontinence anale, hémorroïdes suintantes, fistule avec écoulement de pus, condylomes…), ou dermatologique en rapport avec des maladies de la peau de la région péri-anale (psoriasis, mycose, eczéma, dysplasie anale du au papilloma virus, oxyurose…).

Le prurit est une sensation de démangeaisons qui va entraîner le grattage, lui-même générant des irritations et des brulures.

Que faire en cas de démangeaisons

Il faut consulter pour essayer de trouver la cause déclenchante dont le traitement permettra de supprimer l’irritation et les démangeaisons.

Le diagnostic est le plus souvent clinique. L’interrogatoire permettra de caractériser le prurit : topographie (marge anale et/ou canal anal), la date de début, horaires (vespéral, nocturne…), les circonstances d’apparition par rapport à la défécation ou par rapport à la toilette.

Il faut également noter les prises médicamenteuses car certaines peuvent être à l’origine de démangeaisons (certains anti- hypertenseurs), ainsi que les antécédents médicaux (diabète, obésité, troubles de la continence, maladie gynécologique en lien avec Human Papilloma Virus HPV…).

Le médecin réalisera un examen clinique complet de tout le corps à la recherche d’arguments pour une cause dermatologique (eczéma, psoriasis, lichen plan), mais également un examen spécifique de la région anale et du canal anal avec la réalisation d’un toucher rectal et d’une anuscopie.

Parfois, des examens complémentaires pourront être demandés (bilan biologique pour rechercher une cause générale comme le diabète, un mauvais fonctionnement de la thyroïde ou du rein, une maladie du sang ou une anomalie du métabolisme de l’acide urique dans le cadre de la goutte, bilan endoscopique…).

Il peut être nécessaire de faire un prélèvement de peau appelé biopsie, qui oriente sur la cause du prurit.

A l’issue de la consultation, deux cas de figure sont possibles :

  • La cause du prurit est suspectée voire affirmée : le traitement spécifique de la cause va entraîner la disparition du prurit.
  • Il n’est pas retrouvé de cause évidente, et en l’absence de pathologie cutanée ou anale, il sera décidé de donner un traitement symptomatique, le plus souvent par pommade cortisonée.

Le traitement

Il faut tout d’abord insister sur les règles d’hygiène : il faut maintenir une région péri-anale propre et sèche pour éviter le grattage.

Il sera conseillé un lavage une fois par jour avec un savon doux ou un savon surgras ou un pain sans savon. Il faut sécher minutieusement sans frotter pour éviter les démangeaisons. Cette toilette devra également être faite après chaque selle lorsque cela est possible.

De même, il faudra éviter tout contact avec des matières synthétiques en faisant particulièrement attention à la qualité de tout ce qui entre en contact avec cette région : protections périodiques ou protèges slips, papier toilette dont l’efficacité pour le nettoyage n’est pas évidente, souvent abrasif et porteurs de produits chimiques comme les agents masquant les encres dans les papiers recyclés.

En cas de lésions aiguës, on utilisera volontiers des pâtes à l’eau, pommades sans substance active ou contenant simplement de l’oxyde de zinc pour protéger la peau en particulier s’il existe un facteur de suintement associé non traité, incontinence fécale par exemple.

Le traitement de la cause sera entrepris si celle-ci est retrouvée (dermocorticoïde avec décroissance progressive en cas de dermatose type eczéma ou psoriasis, anti-mycotique, anti-parasitaire, traitement proctologique…)

En l’absence de cause, ou si la cause a disparu, on fera souvent appel mais uniquement sur indication médicale à des traitements par dermo-corticoïdes qui permettent de redonner à le peau une structure normale, évitant la récidive des démangeaisons et supprimant les effets de celle-ci lorsqu’elle a entraîné un épaississement excessif et des anomalies du revêtement cutané.

Enfin, si le prurit est rebel et résiste aux autres traitements, certains traitements sont parfois efficaces, mais là encore doivent être prescrits par des médecins entraînés à cette pathologie péri-anale. Aussi, dans de très rares cas, on peut être amené à utiliser des préparations magistrales à base de capsaïcine, sous forme de teinture de capsicum associé à de l’anovaseline en application locale une fois par jour.

Conclusion

L’existence d’un prurit anal nécessite une consultation auprès d’un médecin spécialiste, le diagnostic précis d’une éventuelle cause dermatologique ou proctologique, l’établissement de la relation de causalité de cette étiologie et la mise en route de son traitement. Les règles d’hygiène sont la base de ce traitement. La récidive est fréquente.

Dr. Philippe GUYOT, Dr. Anne Laure TARRERIAS
Dr Charlotte FAVREAU, Mise à jour en janvier 2026

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