Les hémorroïdes

Les hémorroïdes sont des structures anatomiques normales du canal anal présentes dès la naissance. Lorsqu’il existe des symptômes en rapport avec les hémorroïdes on parle de maladie hémorroïdaire. Trois types de manifestations sont possibles : les thromboses responsables de douleurs et de gonflements, les saignements, le prolapsus ou extériorisation des hémorroïdes sans douleur. Cette maladie hémorroïdaire peut-être traitée médicalement, instrumentalement ou chirurgicalement. Les scléroses sont une des techniques de traitement instrumental.

Quel est le principe du traitement ?

Il s’agit  d’injecter un produit chimique, le chlorhydrate de quinine et d’urée, commercialisée ne France sous le nom de Kinurea H, grâce à une très fine aiguille montée sur une petite seringue (photo 1), juste au dessus des hémorroïdes, de façon superficielle. Plusieurs injections (en général 3) seront faites lors d’une séance,  au sommet des principales hémorroïdes internes.

Photo 1 : la seringue est remplie du produit sclérosant, l’aiguille est très fine, reliée à la seringue par un prolongateur qui permettra d’atteindre la zone à traiter au travers de l’anuscope.

Avant le traitement

Pour ce traitement réalisé au cabinet, ne nécessitant ni anesthésie ni préparation, vous serez installé(e) sur une table d’examen le plus souvent allongé sur le côté gauche.

Il n’est pas nécessaire d’être à jeun.

Si vous avez peur d’avoir des selles dans le rectum vous pouvez mettre un suppositoire évacuateur ou un microlavement avant le rendez vous. Mais votre médecin en général ne vous en prescrit pas car les selles sont hautes dans le rectum et rarement gênantes.

Il peut vous avoir été prescrit un court traitement antibiotique, à prendre avant le rendez-vous pour limiter le risque d’infection, qui reste exceptionnel.

Pendant le traitement

L’examen débutera par un toucher rectal, fait avec un doigt ganté, lubrifié, puis le médecin introduira délicatement un tube en plastique jetable (ou métallique stérilisable) appelé anuscope.

Photo 2 : hémorroïde interne visualisée à travers l’anuscope.

A travers ce tube  les injections seront réalisées, en trois points en général.
Ceci est fait en zone « insensible », il est rare que l’injection soit douloureuse.

Photo 3 : injection du produit à travers l’anuscope, au sommet des hémorroïdes.

Quelles sont les suites de ce traitement ?

Il est conseillé de ne pas reprendre vos activités aussitôt après la consultation. En effet il peut exister une douleur parfois importante qui apparaît dans l’heure qui suit l’injection.

Il est conseillé de rentrer à la maison, éventuellement d’être accompagné si le trajet est long ou si vous devez conduire. Certains patients font une réaction vagale (sueurs, tête qui tourne, nausées) dans l’heure qui suit l’injection. Ces effets secondaires ne sont pas anormaux ni dangereux.

Passées ces quelques heures vous pouvez reprendre vos activités normales.

Vous allez à la selle normalement quand vous en avez envie.

En cas de douleur, un traitement par paracétamol ou anti-inflammatoires (sauf contre-indications) peut être administré sans risque.

Une gêne modérée (douleur, sensation de poids) peut se prolonger au maximum 24 heures. Dans 2 à 10% des cas, surviennent de discrets saignements pendant 7 à 10 jours.

En raison des possibles, mais exceptionnelles complications de ce geste (infection ou saignement) il est conseillé de ne pas prévoir de voyage lointain dans les 3 semaines suivant la sclérose.

Deux à  3 séances, espacées de 2 à 3 semaines peuvent être nécessaires pour traiter vos symptômes.

Quelles sont les précautions à prendre ?

Si vous prenez des médicaments modifiant la coagulation tels que des anti-coagulants ou des anti-agrégants plaquettaires (aspirine, Plavix…), prévenez votre médecin.

Si vous avez une immunité fragile (infection VIH, médicament diminuant l’immunité) prévenez votre médecin.

Si vous êtes susceptible d’être enceinte prévenez votre médecin.

Dr. Charlotte FAVREAU.
Rédigé : mars2014.

Mots clés : hémorroïdes, sclérose, quinine urée, traitement, traitement instrumental proctologie

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