Principe

L’hémorroïdoplastie au laser consiste à cautériser par contact direct les plexus hémorroïdaires internes afin de réduire leur flux sanguin. On utilise une fibre laser introduite sous la muqueuse du bas rectum, dont l’extrémité est munie d’une diode radiale. Elle traite les hémorroïdes internes uniquement, qui sortent ou qui saignent.

À qui s’adresse ce traitement ?

L’hémorroïdoplastie au laser est proposée à des patients présentant des hémorroïdes internes, de grade 2 ou 3, qui sortent et/ou qui saignent, après échec d’un traitement instrumental fait en consultation (type ligatures élastiques, scléroses ou infra-rouges).

Elle peut également être proposée en alternative à hémorroïdectomie classique tripédiculaire (ou intervention de Milligan et Morgan) chez des patients ne souhaitant pas s’arrêter de façon prolongée pour des raisons personnelles ou professionnelles et/ou redoutant cette intervention chirurgicale, à condition que les symptômes soient liés aux hémorroïdes internes.

Les hémorroïdes externes ne sont pas traitées par cette technique.

En pratique, que fait-on ?

Le traitement s’effectue sous une anesthésie générale ou rachi-anesthésie, en ambulatoire (sur une demi-journée d’hospitalisation). Le patient est mis en position gynécologique. On repère les paquets hémorroïdaires internes après exposition par un anuscope. Pour chaque paquet traité, successivement on procède comme suit : * réalisation d’une petite incision le long du canal anal sous la muqueuse jusqu’au niveau du bas rectum, * introduction de la fibre laser par cette incision dans le pédicule hémorroïdaire sur quelques centimètres, * délivrance de quelques tirs laser sous le paquet hémorroïdaire.

La procédure est courte et prend en moyenne 5 minutes par paquet hémorroïdaire traité.

Les suites sont-elles plus simples qu’après chirurgie classique ?

Les suites sont le plus souvent peu douloureuses, moins longues et moins contraignantes qu’après chirurgie hémorroïdaire tripédiculaire (ou intervention de Milligan et Morgan). Le plus souvent des antalgiques simples type paracétamol ou anti-inflammatoires suffisent à la calmer. Le patient peut reprendre le travail après quelques jours. L’efficacité est visible assez rapidement.

Quelle est l’efficacité de ce traitement ?

Cette technique est assez récente en proctologie, nous ne disposons pas à ce jour d’étude suffisamment fiable pour juger de l’efficacité à long terme. Toutefois, les résultats à court et à moyen terme semblent encourageants. En cas de récidive de la maladie hémorroïdaire, l’hémorroïdoplastie au laser n’empêche pas de refaire le même geste ou une éventuelle chirurgie hémorroïdaire tripédiculaire si elle devait s’avérer nécessaire plus tard.

Quels sont les risques de ce traitement ?

Comme après toute chirurgie hémorroïdaire, des complications sont possibles, mais elles restent rares et mineures après cette technique. Outre les complications inhérentes à l’anesthésie, peuvent survenir :

  • Des saignements, le plus souvent peu importants, mais une hémorragie peut survenir dans les 3 semaines qui suivent l’opération, qui peut nécessiter un geste d’hémostase en hospitalisation. Pour cela, il est conseillé de rester à proximité d’une structure de soins pendant cette période. Le risque hémorragique est faible cependant ;
  • Un blocage pour uriner pendant quelques jours ;
  • De la fièvre ;
  • Des douleurs sont le plus souvent modérées et de courte durée, et bien soulagées par des médicaments classiques type paracétamol ou anti inflammatoires ;
  • Des poussées hémorroïdaires externes ;
  • Quelques rares cas d’abcès post opératoires ont été décrits.

Dr Alix Portal (Paris), janvier 2019.