Journées de colo-proctologie 2009

La mise à disposition des nouveaux traitements biologiques a modifi é les objectifs thérapeutiques dans les maladies infl ammatoires chroniques de l’intestin (MICI). L’objectif est aujourd’hui non plus seulement de réduire les réduire les symptômes, de contrôler les poussées et de diminuer la mortalité des formes graves mais aussi de modifi er l’histoire naturelle en cicatrisant les lésions diminuant ainsi le risque de chirurgie.
Plusieurs études contrôlées réalisées avec des traitements biologiques ont inclu la réduction du risque chirurgical comme un de leurs critères secondaires de jugement. Dans la maladie de Crohn (MC), les essais ACCENT I et II ont montré une diminution du nombre d’hospitalisations et d’interventions chirurgicales chez les malades avec MC luminale et périnéale traités par infl iximab par rapport aux malades trairtés par placebo. Dans l’essai CHARM, un traitement par adalimumab était associé à une baisse de plus de 50 % des hospitalisations sur un an. Dans la rectocolite hémorragique (RCH), l’incidence de colectomie à un an dans les essais ACT I et II était de 10 % dans le groupe infl iximab vs 17 % dans le group placebo (p = 0,02).
Les travaux provenant de centres de référence ont confi rmé l’importance de la cicatrisation endoscopique comme marqueur prédictif de réduction du rique de chirurgie. Dans une cohorte de 214 malades avec MC traités par infl iximab, après un suivi médian de 22,3 mois, les malades avec cicatrisation endoscopique étaient signifi cativement moins opérés que les malades non cicatrisés (14,1 %, n = 12/85 vs 38,4 %, 33/86, p < 0,0001). Dans la RCH, un travail du même centre a montré que l’absence de cicatrisation endoscopique (score Mayo < 1 4 et 10 semaines après la première perfusions d’infl iximab) était prédictive d’un risque accru de colectomie.
On dispose à ce jour de traitements susceptibles d’infl uencer le cours des MICI en freinant la progression vers des lésions irréversibles. Des études prospectives sont maintenant nécessaires pour optimiser leurs stratégies d’utilisation (traitements précoces, « tightcontrol », associations.).

References

Pr Jean Frédéric Colombel (Lille)