Le but de cette notice est de vous permettre d’avoir les informations concernant votre intervention. Votre cas personnel peut ne pas y être parfaitement représenté. N’hésitez pas à interroger votre praticien pour toute information complémentaire. Ces informations complètent et ne se substituent pas à l’information spécifique qui vous a été délivrée par celui-ci. Cette fiche n’est pas exhaustive en ce qui concerne les risques exceptionnels.
Quel est le but de cette intervention ?
La cause la plus fréquente de la fistule est l’infection d’une glande du canal anal. Cette infection peut diffuser et va créer une sorte de tunnel progressant à travers le sphincter anal pour s’ouvrir ensuite à la peau autour de l’anus ou à la fesse, c’est ce qu’on appelle la fistule anale.
L’évolution spontanée d’une fistule est imprévisible, elle peut devenir silencieuse, couler plus ou moins régulièrement, être douloureuse, voire donner à nouveau un abcès. La gravité de l’abcès est liée au risque de destruction d’une partie plus ou moins importante du sphincter anal, et à une atteinte plus générale de l’infection selon la nature des bactéries qu’il contient et la fragilité du patient.
Seule une intervention chirurgicale peut guérir une fistule anale, le traitement antibiotique n’étant pas efficace.
La fistulotomie est l’intervention chirurgicale la plus efficace avec un taux de réussite sans récidive à long terme de plus de 90 %. Les techniques alternatives d’obturation du trajet (colle, laser, volet de fermeture, LIFT…) ont globalement un taux de réussite de 50% et ne sont pas toujours réalisables en pratique.
En quoi consiste cette intervention ?
L’intervention, réalisée sous anesthésie générale ou locorégionale, consiste à identifier le trajet depuis l’origine de la fistule, puis à réaliser l’ouverture du trajet sur toute sa longueur en coupant la peau (mise à plat). Ceci implique de couper une partie des sphincters de l’anus. Lorsque la section est limitée, la continence n’est pas menacée et le geste est effectué en une seule opération. Dans le cas contraire, si la quantité de sphincter anal traversée par la fistule est importante, la règle est de réaliser cette section en plusieurs opérations successives (souvent deux, rarement plus) en coupant un peu de muscle à chaque fois. Le trajet fistuleux est repéré par un élastique souple et indolore qui reste en place entre les opérations qui sont séparées de quelques semaines à quelques mois. Parfois, votre praticien va combler une plaie propre par des sutures pour réduire sa profondeur et améliorer le résultat fonctionnel (voir fiche d’information « abaissement ou mise à plat -reconstruction).
Comment se déroulent les suites habituelles de cette intervention ?
Cette intervention est réalisée en ambulatoire ou lors d’une courte hospitalisation si besoin. Selon l’importance de la plaie, des soins seront à réaliser par vous-même ou par un infirmier : lavage, nettoyage, méchage dans la cavité résiduelle ou application simple de crème ou pommade. Si vous avez un petit élastique, il ne faut pas le couper. La cicatrisation se fait en quatre à huit semaines. L’arrêt de travail varie de quelques jours à plus d’un mois, en fonction de la plaie, des suintements qu’elle engendre et en fonction de votre activité professionnelle. Le traitement en plusieurs temps nécessite un intervalle moyen de 2 mois entre deux temps opératoires.
À quelles complications à court terme expose cette intervention ?
- Impossibilité d’uriner dans 10 % des cas se traitant médicalement ou par la pose d’une sonde urinaire.
- Hémorragie postopératoire pouvant nécessiter une reprise opératoire en urgence (2-3% des cas). De ce fait, il faut vous abstenir de tout voyage lointain ou en avion pendant les 3 semaines suivant le geste. Infection locale (< 2%), pouvant nécessiter une ré-intervention.
- Formation d’un véritable “bouchon” de matières se traitant par des lavements et majoration des laxatifs.
- Comme pour toute chirurgie, des complications générales sont possibles : phlébite, embolie pulmonaire…
- Les douleurs, les petits saignements, un suintement intermittent et les difficultés à distinguer gaz et selles, voire des envies impérieuses d’aller la selle sont fréquents tant que les plaies ne sont pas cicatrisées. Ils ne représentent pas des complications en tant que telles.
- Comme pour toute intervention chirurgicale, y compris pour celles impliquant la marge anale, il peut survenir d’autres complications très rares, voire exceptionnelles (gangrène du périnée…).
À quelles complications à long terme expose cette intervention ?
- Troubles de la continence anale avec des difficultés à retenir les gaz et quelquefois les selles. Le risque d’incontinence est faible, inférieur à 10%, en cas de fistule simple et superficielle. Il peut être plus élevé en cas de fistule profonde ou complexe, et il est majoré en cas d’anomalies préalables comme des lésions secondaires à des déchirures lors d’accouchement difficile, une diarrhée chronique ou des antécédents de chirurgie proctologique. Ils peuvent exister avant la chirurgie. Ces facteurs seront pris en compte par votre opérateur et peuvent justifier d’un traitement en plusieurs temps afin de limiter les risques d’altération de la continence.
- Récidives : généralement du fait de fistules « à trajets complexes », pouvant nécessiter un nouveau geste chirurgical.
- Replis de peau (marisques) et cicatrisation disgracieuse parfois observés sans être des réelles complications.
Mise à jour : Décembre 2024