Avant l’intervention :

Je dois prendre ma douche désinfectante la veille au soir et le matin
Je n’ai pas besoin de faire de lavement avant l’intervention
Je reste à jeun (c’est-à-dire ne pas boire, ne pas manger et ne pas fumer)  selon les recommandations de l’anesthésiste lors de sa consultation.

Le premier jour après l’intervention :

Je gère la douleur selon les prescriptions  de mon chirurgien (antidouleur, voire anti-inflammatoires).

Je commence mes soins le lendemain de l’intervention.
30 minutes avant l’arrivée de l’infirmier, je fais une toilette sous la douche. C’est la partie la plus importante du soin. J’ôte mon pansement sous la douche pour le ramollir, puis je me lave tout le corps y compris la plaie avec le savon qui m’a été prescrit. En position accroupie pour bien accéder à ma plaie, j’envoie le jet d’eau dans la plaie, mets du savon dans la plaie (ou au moins au dessus de la plaie, et je fais couler le savon dans la plaie avec le jet de douche).  Je fais les soins à mains nues, je n’utilise pas de gants ou de linge qui ne serait pas propre. Je fais mousser le savon, puis je rince à l’eau du robinet,  je sèche la plaie avec une compresse, puis je protège ma plaie en posant une compresse dessus en attendant que l’infirmier arrive.
Si je n’ai pas le courage, ou si mon médecin préfère, j’attends l’infirmier pour enlever le pansement.
Puis l’infirmier m’applique le pansement : souvent une mèche souple qui absorbera les secrétions de la plaie, recouverte d’un pansement adhésif étanche. Parfois de la pommade remplace la mèche.

 

Fig.1 et Photo 1 : Méchage

L’infirmier peut irriguer au sérum physiologique, tamponner avec une compresse non tissée humidifiée, voire s’aider d’un coton-tige. Il  sèche la plaie en tamponnant doucement avec une compresse. Puis il  comble toute la cavité avec la mèche absorbante, sans la tasser, en s’aidant d’un coton-tige. En fonction de la taille de cette cavité, il peut être nécessaire de couper la mèche ou au contraire d’en mettre plusieurs. Sur cette mèche le pansement adhésif est posé. Ces soins ne doivent pas être douloureux.

Photo 2 : aspect après pose du pansement (Allevyn®)

Par la suite :

Je refais les soins tous les jours, voire deux fois par jour au début si la plaie est large. J’ôte le pansement puis la mèche en début de douche : le pansement est prévu pour se décoller facilement sans arracher la peau ni les poils. La mèche mise dans la plaie est molle et ne colle pas, elle est très facile à enlever sans aucune douleur. Et l’infirmier me repose une mèche et un pansement. La part « infirmier » du soin peut rapidement être effectuée par un membre de ma famille, cela permettant d’alléger mes contraintes d’immobilisation.

Pendant les soins, l’infirmier  ne cherche pas à enlever les fausses membranes qui s’éliminent seules ou lors de nitratages ou curetages très ponctuels effectués en consultation par le chirurgien. Le soin ne doit pas être appuyé, sinon la paie devient rapidement douloureuse.  Un rasage autour de la plaie durant les soins facilite ceux-ci et améliore la qualité du lavage à la douche.

Quand la plaie n’est plus profonde, une pommade suffira à la place de la mèche, et je pourrai peut-être le faire tout(e) seul(e) !

Selon l’évolution de la plaie, on changera de type de mèche ou de pommade, je me laisserai guider par mon infirmier ou mon chirurgien.

Il peut survenir de légers saignements lors des pansements durant la première semaine. De même un suintement de la plaie est normal les premières semaines. Ce suintement ou ces petits saignements sont absorbés par la mèche du pansement.
Au bout de 3 semaines, le risque de saignement majeur est écarté, je peux reprendre des activités physiques plus importantes, mais j’évite les bains de mer jusqu’à fermeture de ma plaie.

L’évolution de ma plaie :

Il peut se former sur ma plaie un tapis de végétation qui asphyxie cette dernière et ralentit la cicatrisation. La plaie est recouverte d’un tapis gélatineux, fragile, saignotant et malodorant. La première cause est l’occlusion permanente de ma plaie et l’absence d’irrigation correcte lors de ma douche. Il faut insister pour faire une douche efficace.  L’infirmier peut s’aider de nitratages au crayon réguliers, espacés de 3 à 7 jours jusqu’à reprise d’un aspect normal de la cicatrice.
Un accolement trop précoce des berges ou la couverture de la plaie par une peau en pont nécessite son effondrement aux ciseaux, ou au crayon de nitrate. Là aussi une des causes est l’absence de traction sur les fesses lors de la douche : je dois bien m’accroupir et ne pas hésiter à tirer sur mes fesses pour éviter ces soucis.
L’évolution normale est décrite sur ces photos (malades différents) :

Photo 3 :  J3 = bourgeonnement

Photo 4 : J16 = élimination des points de nécrose

Photo 5 : J30 = régénération tissulaire

Photo 6 : fermeture J50

 

Après la cicatrisation :

Je peux reprendre toutes mes activités normales.
Il n’est pas prouvé que le rasage de cette région, ni l’épilation, me mette à l’abri de cette maladie ni ne prévienne les récidives.

Crédit photo : Dr M Eleouet-Kaplan.
Mots clés : sinus, pilonidal, kyste, sacro-coccygien, SNFCP, proctologie, infirmier, infirmière
Fiche grand public SNFCP, je vais être opéré d’un sinus pilonidal. Dr M Eleouet-Kaplan, aout 2015.