Mots clés : intestin irritable, régime, FODMAPs
Le syndrome de l’intestin irritable (SII) est une pathologie fréquente. Il inclut souvent de la constipation ou des troubles défécatoires, eux-mêmes responsables de problème à l’anus (hémorroïdes, fissure, descente de rectum…). L’alimentation est un facteur habituel de déclenchement ou d’exacerbation des symptômes. Une prise en charge diététique peut donc être un traitement efficace.
Evaluation médicale et diététique initiale
Avant de mettre en place un régime (alimentation thérapeutique), il faut vérifier l’absence :
- D’erreurs diététiques majeures
- D’intolérance au lactose (qui peut mimer un syndrome de l’intestin irritable)
De troubles du comportement alimentaire ou de perte importante de poids (qui pourraient être aggravés par la mise en place de certains régimes)
La prise en charge diététique de 1ère ligne (recommandations NICE)
Elle consiste en une alimentation et un mode de vie sains.
| Habitudes alimentaires | Faire des repas réguliers, éviter de sauter des repas et d’avoir des périodes prolongées sans manger Prendre le temps de manger, manger assis, bien mâcher la nourriture Ne pas manger juste avant d’aller se coucher |
| Boissons | Réduire la consommation : – d’alcool (maximum 2 verres par jour et pas tous les jours) – de boissons gazeuses – de caféine/théine (maximum 3 tasses par jour) Eau : boire au moins 8 tasses de liquide par jour (soit 1,5 à 3 L/j) |
| Aliments | Réduire la consommation : – d’épices – de graisses – de céréales complètes – de fruits frais (3 par jour) – de polyols de type sorbitol, xylitol, etc (en cas de diarrhée) En cas de ballonnements : manger de l’avoine et des graines de lin |
La prise en charge diététique de 2ème ligne
Le régime sans gluten n’est pas conseillé dans le syndrome de l’intestin irritable.
Le régime pauvre en FODMAP peut améliorer les symptômes du syndrome de l’intestin irritable persistant malgré le régime traditionnel vu ci-dessus. Il consiste à réduire de façon stricte les hydrates de carbone, qui sont présents dans de nombreux aliments. Ce régime est restrictif, difficile à mettre en place et à poursuivre. Il peut entrainer des troubles du comportement alimentaire tels que des évitements ou des restrictions (syndrome ARFID) et donc engendrer des carences nutritionnelles, un isolement social, des troubles psychologiques. Il doit donc être mis en place systématiquement avec un accompagnement médical et diététique, après une évaluation approfondie, et inclure un suivi et des phases de réintroduction des aliments par catégories dès le 2ème mois du régime.
Référence : Syndrome de l’intestin irritable | La Revue du Praticien [Internet]. [cited 2026 Jan 22]. Available from: https://www.larevuedupraticien.fr/article/syndrome-de-lintestin-irritable