Retrouvez ci-dessous la réponse et l’explication du Procto Quiz du mois de mai 2026.

L’image du mois, quel est votre diagnostic ?

Une femme de 44 ans consulte pour un prurit anal chronique évoluant depuis 8 mois, associé à des brûlures intenses, majorées la nuit, et une gêne dyspareunique progressive. Elle a reçu plusieurs traitements antifongiques et dermocorticoïdes faibles sans amélioration durable.
L’examen clinique retrouve au niveau périnéo-anal des plaques blanchâtres finement réticulées, associées à des zones érythémato-violacées légèrement infiltrées, avec aspect luisant et discret réseau blanchâtre périphérique (Figure 1). Il existe une sensibilité locale sans induration profonde ni suppuration.
L’examen buccal met en évidence des lésions blanchâtres réticulées jugales bilatérales asymptomatiques.
Quel est votre diagnostic ?
De quoi s’agit-il ?
- Un lichen scléreux vulvo-anal
- Un lichen plan érosif ano-génital
- Une dermatite de contact chronique
- Une maladie de Paget anale
Explications
Le lichen plan est une dermatose inflammatoire chronique auto-immune pouvant toucher : la peau, les muqueuse et les phanères. L’atteinte ano-génitale est fréquente mais souvent sous-diagnostiquée.
Dans sa forme érosive, il se manifeste par des plaques blanchâtres réticulées (stries de Wickham), des zones érythémateuses ou érosives, un prurit et brûlures chroniques, une dyspareunie et une atteinte buccale associée (argument fort).
Le diagnostic est clinique dans la majorité des cas.
La biopsie est indiquée : en cas d’aspect atypique, en cas de résistance au traitement et pour éliminer une néoplasie intraépithéliale.
L’aspect clinique de la figure de notre cas clinique montre une atteinte blanchâtre, atrophique et fissuraire périnéale compatible avec une forme muqueuse chronique
Sur le plan histologique, il existe une hyperkératose, un infiltrat lymphocytaire en bande et une atteinte de la jonction dermo-épidermique.
Un dépistage de l’hépatite C est recommandé en raison de l’association décrite, surtout en cas d’atteinte buccale concomitante.
Le traitement de première intention repose sur les dermocorticoïdes forts prolongés avec une décroissance progressive.
En cas de forme sévère, il est possible de prescrire du tacrolimus en topique, une corticothérapie orale courte voire des immunomodulateurs systémiques (formes réfractaires).
Le lichen plan érosif ano-génital est associé à un risque faible mais réel de transformation en carcinome épidermoïde et impose ainsi une surveillance régulière.
Référence : Eisen D, Carrozzo M, Bagan Sebastian JV, Thongprasom K. Number V Oral lichen planus: clinical features and management. Oral Dis. 2005 Nov;11(6):338-49
Remerciements au Dr Vincent de Parades pour sa contribution à l’élaboration de ce cas.
Soutenu par A. Legrand
