Retrouvez ci-dessous la réponse et l’explication du Procto Quiz du mois de juin 2026.

L’image du mois, quel est votre diagnostic ?

Patient de 29 ans, ayant des rapports anaux, sous PrEP, avec antécédent de condylomes.
Il consulte pour un prurit anal associé à une éruption évoluant depuis 10 jours, sans fièvre ni altération de l’état général.
L’examen clinique retrouve une dermatose périanale érythémateuse, suintante, associée à des lésions papulo-pustuleuses avec excoriations et zones d’impétiginisation (Figure).
Quel est votre diagnostic ?
De quoi s’agit-il ?
- Une dermatophytose
- Une infection bactérienne périanale (impétiginisation)
- Une syphilis secondaire
- Un herpès anal
- Des condylomes plans (condyloma lata)
Explications
Le prélèvement local chez ce patient a mis en évidence : un streptococcus dysgalactiae et un staphylococcus aureus.
Ce cas illustre une dermatose périanale impétiginisée, correspondant à une infection bactérienne superficielle, le plus souvent dominée par le staphylococcus aureus et les streptocoques bêta-hémolytiques.
Ces infections surviennent fréquemment sur un terrain de dermatose irritative ou inflammatoire préexistante, favorisée par le prurit, la macération et les microtraumatismes locaux, entretenant un cercle vicieux.
Dans ce contexte, la réalisation de prélèvements microbiologiques peut être utile, notamment en cas de doute diagnostique ou d’évolution défavorable. Cependant, le diagnostic d’impétiginisation reste avant tout clinique, et la positivité des prélèvements ne doit pas faire méconnaître le caractère souvent secondaire de la surinfection bactérienne.
Chez ce patient HSH sous PrEP, une infection sexuellement transmissible doit impérativement être évoquée. Certaines IST, en particulier l’herpès ou la syphilis secondaire, peuvent se présenter sous des formes atypiques et être partiellement masquées par une surinfection bactérienne. Un dépistage ciblé doit donc être envisagé en cas de doute.
Néanmoins, plusieurs éléments orientent ici vers une origine bactérienne : prédominance du prurit sur la douleur, absence de signes généraux et aspect clinique évocateur d’impétiginisation.
La prise en charge repose sur une antibiothérapie locale par acide fusidique ou mupirocine en cas de forme limitée. Le relais systémique s’impose en cas de lésions étendues ou en échec du traitement local. Des mesures d’hygiène avec réduction de la macération et éviction des irritants sont nécessaires pour diminuer le risque de récidive. Le traitement symptomatique du prurit permet d’interrompre le cercle lésionnel
En cas d’évolution atypique ou de non-réponse, il faut reconsidérer les diagnostics alternatifs (IST, mycose, dermatoses inflammatoires) et compléter le bilan.
En conclusion, devant toute dermatose anopérinéale prurigineuse, notamment chez un patient à risque, il est essentiel d’évoquer une surinfection bactérienne tout en gardant à l’esprit que certaines IST peuvent mimer ou masquer ces tableaux.
Référence : Stevens DL, Bisno AL, Chambers HF, et al; Infectious Diseases Society of America. Practice guidelines for the diagnosis and management of skin and soft-tissue infections. Clin Infect Dis 2005;41:1373-406
Remerciements au Dr Déborah Roland pour sa contribution à l’élaboration de ce cas.
Cas clinique rédigé par le Dr Nadia Fathallah.
Soutenu par A. Legrand
