Qu’est-ce que la PrEP ?

La PrEP (Pre-Exposure Prophylaxis) est un traitement préventif contre le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) qui a pour objectif de réduire le risque d’être infecté chez les personnes à haut risque.

La PrEP : pour qui ?

La PreP s’adresse aux hommes et aux femmes de plus de 15 ans non infectés par le VIH (dites « séronégatives ») qui présentent un risque particulièrement élevé de contamination par le VIH.

Selon la Haute-Autorité de Santé, les populations à haut risque sont notamment :

  • Les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes ou les personnes transgenres, répondant à au moins un des critères suivants :
    • Rapports sexuels anaux sans préservatif avec au moins 2 partenaires sexuels différents dans les 6 derniers mois,
    • Épisodes d’IST dans les 12 derniers mois,
    • Au moins un recours à un traitement post-exposition au VIH dans les 12 derniers mois,
    • Usage de drogues lors des rapports sexuels (chemsex) ;
  • Au cas par cas, les personnes dans les situations suivantes :
    • Usages de drogues injectables avec échanges de seringues,
    • Travailleur.se du sexe avec rapports sexuels non protégés,
    • Vulnérabilité exposant à des rapports sexuels non protégés à haut risque de transmission du VIH.

La PrEP : comment ?

L’initiation de la PrEP doit être faite par un médecin exerçant à l’hôpital ou dans un CeGIDD (centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic). A partir de 2021, la primo-prescription pourra être réalisée par un médecin généraliste.

L’objectif de cette consultation est notamment de confirmer l’indication de ce traitement préventif et de vérifier l’absence de contre-indication médicale.

Ce traitement préventif (TRUVADA® ou l’un de ses génériques) est pris en charge à 100% par la sécurité sociale. Il comprend deux antirétroviraux au sein d’un même comprimé : emtricitabine et ténofovir disoproxil fumarate. Il peut être pris de manière continue ou discontinue.

La prise continue repose sur la prise d’un comprimé par jour au long cours. Le traitement est efficace 7 jours après la première prise. Il doit être poursuivi au moins 2 jours après le dernier rapport sexuel pour être efficace.

La prise discontinue (contre-indiqué en cas d’infection au VHB) est une alternative qui ne peut être proposée pour le moment que chez l’homme car non évaluée chez la femme. Le schéma d’administration est le suivant : 2 comprimés à prendre en même temps entre 2 h et 24 h avant le rapport sexuel prévu, puis 1 comprimé toutes les 24 h pendant 48 h. En cas de rapports répétés, il faut poursuivre avec 1 comprimé par jour jusqu’à 2 jours après le dernier rapport sexuel.

Le respect des heures de prises, sans en sauter aucune, est essentiel, car l’efficacité du traitement en dépend. Tout arrêt du traitement supprime l’effet protecteur.

La PrEP : quel suivi ?

Une fois le traitement initié, un suivi trimestriel est nécessaire pouvant être fait par tout médecin en ville ou à l’hôpital. Une fois par an, ce suivi doit être fait à l’hôpital ou dans un CeGIDD.  Les objectifs principaux de ces consultations sont notamment de vérifier le statut VIH et celui des autres IST de vérifier l’absence de grossesse et de s’assurer de l’absence d’effet secondaire.

La PrEP : quels sont les effets secondaires possibles ?

Les principaux effets secondaires connus sont :

  • Nausées, diarrhées en particulier dans les premiers jours de prise,
  • Altération de la fonction rénale (rare),
  • Altération de la densité minérale osseuse (très rare).

La survenue éventuelle de l’un de ces effets possibles sera surveillée au cours des consultations de suivi.

La PrEP : qu’est-ce qu’elle ne fait pas ?

  • La PrEP réduit le risque d’infection au VIH (au moins 86 %) mais ne l’élimine pas.
  • La PrEP ne protège pas des autres infections sexuelles transmissibles (notamment syphilis, chlamydia, gonocoque).

Pour l’ensemble de ces raisons, le préservatif est toujours recommandé chez les personnes suivant la PrEP (possibilité de prescrite des préservatifs remboursés par la Sécurité sociale).

Par ailleurs, une contraception est nécessaire chez les femmes en âge de procréer.

Pour aller plus loin

Rédaction Dr Maxime COLLARD, Relecture Pr Charles CAZANAVE, 2020