Introduction
La thérapie par CSM était une option innovante pour les fistules anales complexes (FAC) de la maladie de Crohn. Son retrait récent du marché a potentiellement modifié le paysage thérapeutique. L’objectif de cette enquête était d’évaluer l’impact de ce retrait sur la pratique des gastroentérologues proctologues et chirurgiens français, et d’identifier les stratégies alternatives et les perspectives d’avenir.
Matériels et Méthodes
Un questionnaire anonyme a été diffusé en ligne aux membres de la Société Nationale Française de Colo-Proctologie (SNFCP) entre février et avril 2025. Le questionnaire portait sur le profil des praticiens, leur expérience, leur utilisation passée des CSM, la perception de leur retrait, les stratégies thérapeutiques alternatives et les futures pistes envisagées.
Résultats
Cinquante praticiens ont répondu (21%). Le panel était composé majoritairement de gastroentérologues proctologues (48%) et de chirurgiens digestifs (38%), expérimentés (56% avec >10 ans d’expérience). L’activité était répartie entre les secteurs universitaire (46%) et libéral (42%).
Avant le retrait, 42% des répondants utilisaient les CSM (24% régulièrement, 18% occasionnellement). Parmi les non-utilisateurs, les freins principaux étaient le coût jugé trop élevé (cité par 100% d’entre eux) et un manque de croyance en l’efficacité (61%).
Le retrait a été perçu comme une « perte significative dans l’arsenal thérapeutique » par 46% des praticiens. Près de la moitié (48%) estimaient que cet événement a entraîné une régression dans les options de traitement. En conséquence, 38% ont déclaré avoir adopté d’autres techniques.
Les alternatives privilégiées étaient des approches classiques comme le retrait simple du séton (66%) et le lambeau d’avancement rectal (50%). Les techniques mini-invasives comme le laser (22%) et la radiofréquence (16%) étaient également citées.
Concernant l’avenir, une forte attente se portait sur les nouvelles thérapies régénératives (60%), les nouvelles combinaisons de traitements médicaux (50%) et l’amélioration des techniques chirurgicales actuelles (46%).
Conclusion
Le retrait des CSM du marché a laissé un vide thérapeutique selon une part importante des praticiens. La plupart ont considéré cet événement comme une régression dans la prise en charge des FAC de la maladie de Crohn. Si les approches chirurgicales classiques restent la base de la prise en charge, une forte attente se porte sur l’émergence de nouvelles thérapies, notamment régénératives.
Remerciements
La SNFCP remercie les sociétaires qui ont pris le temps de répondre à cette enquête de pratique.

