Principes de la ligature sous contrôle doppler des hémorroïdes
Cette technique chirurgicale est un traitement de la maladie hémorroïdaire interne (et pas de la maladie externe). Les hémorroïdes internes deviennent pathologiques lorsqu’elles gonflent dans le canal anal jusqu’à parfois s’extérioriser, elles sont alors responsables de boules qui sortent de l’anus, de saignements et parfois de douleurs. Les hémorroïdes sont des coussinets constitués de lacs artério-veineux, irrigués par les artères hémorroïdaires.
Ce sont ces artères qui sont la cible des ligatures sous doppler. Le signal doppler permet de les repérer pour les ligaturer précisément et obtenir ainsi une diminution de l’arrivée du sang dans les coussinets hémorroïdaires. Souvent, à la ligature en elle-même, est ajouté un geste de mucopexie, qui consiste à remonter la muqueuse du rectum juste au-dessus de l’hémorroïde pour qu’elle ne descende ni ne ressorte plus.
Déroulé de l’intervention
Le traitement s’effectue sous anesthésie générale ou rachi anesthésie, le plus souvent lors d’une courte hospitalisation ambulatoire.
Le ou la patient.e est mis.e en position gynécologique (allongé.e sur le dos, cuisses fléchies). On utilise un appareil particulier qui permet à la fois de regarder l’aspect des hémorroïdes dans l’anus (anuscope fenêtré) et de repérer le signal produit par le flux des artères (doppler) (photo 1).

- La sonde doppler permet de repérer l’artère hémorroïdaire, à son contact elle émet un bruit pulsatile caractéristique.
- Par la fenêtre située en regard, on réalise une ligature de cette artère par un fil résorbable (photo 2), avec éventuellement un geste de mucopexie selon lequel l’hémorroïde va être remontée.
- Les artérioles et artères sont ainsi traitées de manière circulaire sur l’ensemble du canal anal. On réalise en moyenne 5 à 6 ligatures (photo 3).


Les suites de la ligature sous contrôle doppler avec ou sans muscopexie sont-elles plus simples qu’après chirurgie classique ?
Les ligatures étant réalisées au sein de la muqueuse rectale, elles ne sont pas trop douloureuses. Le patient peut reprendre le travail après quelques jours. Des anti douleurs simples suffisent le plus souvent à calmer cette douleur. Cette chirurgie ne nécessite pas de soins particuliers, car tout se passe à l’intérieur de l’anus, il n’y a pas de plaie à l’extérieur.
Le résultat n’est définitif qu’après 1 à 3 mois, temps nécessaire pour que l’effet de ligature des artères induise une diminution de la taille et de la fragilité des hémorroïdes. L’efficacité sur le prolapsus est plus grande si une mucopexie est adjointe au geste de ligature.
Cette intervention est beaucoup moins douloureuse qu’une hémorroïdectomie classique (lors de la laquelle on enlève carrément les hémorroïdes), car elle n’engendre pas de plaies cutanées.
À qui doit-on réserver la ligature sous contrôle doppler des hémorroïdes ?
Avant toute chirurgie, un traitement médical (régularisation transit notamment), +/- instrumental (ligatures élastiques, infrarouge) doit être tenté.
Cette technique est particulièrement efficace sur le saignement, il l’est un peu moins sur le prolapsus (l’extériorisation des hémorroïdes) si la mucopexie n’est pas faite. Ainsi, ce traitement s’adresse essentiellement aux hémorroïdes internes de grade 2 et 3, c’est à dire les hémorroïdes qui s’extériorisent à la selle.
Ce traitement n’est pas efficace si elles sont extériorisées en permanence (grade 4). La ligature des artères hémorroïdaires traite les hémorroïdes internes et ne concerne donc pas la maladie hémorroïdaire externe.
La ligature sous contrôle doppler des hémorroïdes est-elle vraiment efficace ?
Si les indications sont bien posées, les résultats sont rapidement visibles. Les résultats sur le prolapsus et le saignement avoisinent 90% à 1 an, avec un taux de récidive des symptômes qui grandit avec le temps : l’efficacité reste toutefois de 75% à 5 ans. Ce traitement ne constitue pas une résection complète des hémorroïdes, qui sont laissées en place, ce qui explique le risque de récidive de la maladie hémorroïdaire. Ce risque est d’autant plus élevé que la personne est constipée et force pour déféquer.
Quels sont les risques de la ligature sous contrôle doppler des hémorroïdes ?
Les incidents répertoriés sont rares. En dehors des risques inhérents à l’anesthésie, la technique elle-même peut induire :
- Des saignements, généralement de faible abondance et spontanément résolutifs, mais pouvant nécessiter une reprise chirurgicale
- De la fièvre
- Une rétention urinaire
- Des douleurs anales pendant quelques jours, qui répondent normalement aux antalgiques simples ; plus importantes en cas de mucopexie associée
- Une thrombose hémorroïdaire externe
Mise en ligne Dr Anne-Laure TARRERIAS, mai 2007
Mise à jour Dr Charlotte FAVREAU, mars 2026.
Ce sujet vous intéresse ? Pour en savoir plus, consultez cet article de la SFHGL : Ligature doppler avec mucopexie : principe, risques et efficacité