Avant l’opération

Cette chirurgie se déroule dans la majorité des cas en hôpital de jour, vous serez hospitalisé une demi-journée le matin ou l’après-midi, en fonction de l’heure de la chirurgie.

Comme avant toute anesthésie, vous devez être à jeun, c’est-à-dire sans avoir bu, mangé, fumé ni mâché de chewing-gum six heures avant le début de l’opération, pour éviter tout risque d’inhalation du liquide gastrique dans les poumons lors de l’anesthésie.

Il n’y a pas de préparation particulière nécessaire avant la chirurgie des condylomes en dehors d’une douche réalisée avec un antiseptique, recommandée avant toute chirurgie.

Pendant l’opération

L’anesthésie pour cette chirurgie peut être générale ou loco-régionale (uniquement le bas du corps) : cela sera décidé lors de la consultation d’anesthésie que vous aurez auparavant.

Une fois l’anesthésie réalisée, vous serez installé en position gynécologique, c’est-à-dire sur le dos avec les jambes relevées et fléchies.

L’acte chirurgical dure environ quinze minutes, il peut être un peu plus long si les lésions condylomateuses sont nombreuses.

Le chirurgien va détruire les lésions avec un bistouri électrique, ce qui laissera des petites brulures : leur taille et leur nombre sont dépendants des lésions que vous avez.

Il commence par prélever une ou plusieurs lésions pour les faire analyser en anatomopathologie si cela lui parait nécessaire puis procède à leur destruction. Un examen des organes génitaux externes (testicules et pénis chez l’homme, grandes lèvres et petites lèvres chez la femme) est également réalisé pour ne pas méconnaitre d’autres lésions. Celles-ci pourront éventuellement être traitées durant le même temps opératoire.

Il s’assure en fin de geste que les cicatrices ne saignent pas et vous fait un pansement compressif qui sera retiré à votre sortie de l’hôpital.

Figure 1 : Condylomes avant traitement

Figure 2 : Condylomes après traitement chirurgical

Suites opératoires

Les soins sont simples et vous pourrez les pratiquer vous-même. Ils consistent à nettoyer les plaies matin et soir, ainsi qu’après chaque selle à l’aide d’un savon doux ou d’une solution antiseptique puis à appliquer une pommade cicatrisante.

La douleur est le principal désagrément de ce geste. Elle est en général plus importante si les plaies sont nombreuses et situées dans le canal anal. Des antalgiques et des anti-inflammatoires adaptés à l’intensité de votre douleur vous seront prescrits à votre sortie de l’hôpital. Le chirurgien pourra également vous prescrire un anesthésique local si cela est nécessaire ainsi qu’un laxatif doux pour éviter tout épisode de constipation qui pourrait augmenter la douleur.

La cicatrisation nécessite 4 à 6 semaines en moyenne. Pendant cette période, des suintements, des démangeaisons, des saignements sont fréquents et normaux. Un arrêt de travail est souvent prescrit pour une ou deux semaines, en fonction de l’importance des plaies post opératoires.

Quelles sont les complications possibles ?

Comme après toute chirurgie anale : un fécalome (bouchon de selles nécessitant l’administration d’un lavement), une rétention aiguë d’urines voire même une hémorragie sont possibles. Ces complications sont toutefois beaucoup plus rares qu’après chirurgie des hémorroïdes (cf. suites hémorroïdectomie).
La survenue d’un rétrécissement anal est possible lorsque les lésions internes à traiter sont très importantes et circulaires. Cette complication est exceptionnelle et peut être traitée par dilatation ou nécessiter un geste chirurgical complémentaire. Une diminution de la sensibilité du canal anal peut être observée après destruction de lésions profuses.

Suivi post-opératoire

Un suivi post-opératoire est impératif afin de surveiller la cicatrisation et surtout de dépister la survenue de récidives, très fréquentes. Il dure en général de 9 mois à 1 an, s’interrompant après plusieurs contrôles négatifs.

L’infection étant contagieuse certaines précautions doivent être adoptées : dépistage du ou des partenaires (examen gynécologique chez les femmes ou examen des organes génitaux externes chez l’homme), utilisation de linge et objets de toilette à usage personnel, lavage des mains après contact avec les zones atteintes. L’utilisation de préservatifs n’est pas une protection absolue (les lésions périnéales, scrotales, pubiennes, orales étant contagieuses, et la transmissibilité dépendant des pratiques sexuelles). D’ailleurs cette protection est inutile si vous êtes en relation stable depuis longtemps car dans ce cas le virus a déjà contaminé les deux membres du couple.

Crédit photo : Dr Agnès Sénejoux.


Dr Hélène Pillant- Le Moult (Paris), juin 2013.

Relecture : Dr Laurent Abramowitz, Dr Roland Ganansia.

 

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