Retrouvez ci-dessous la réponse et l’explication du Procto Quiz du mois de décembre 2025.

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Procto Quiz – Décembre 2025

L’image du mois, quel est votre diagnostic ?

Un patient de 38 ans, consulte pour une douleur anale modérée évoluant depuis 3 jours, sans fièvre. Il rapporte plusieurs épisodes similaires, spontanément résolutifs en une dizaine de jours, mais cette fois plus gênants avec une sensation de brûlure et un léger suintement.

À l’examen proctologique, on observe de petites ulcérations superficielles multiples, en couronne, douloureuses mais sans induration ni signes d’abcès (Figure 1).

Quel est votre diagnostic ?

De quoi s’agit-il ?

  • Un herpès anal
  • Une dermatose bulleuse auto-immune
  • Une ano-rectite à chlamydia trachomatis
  • Une maladie de Behçet
  • Un lichen plan érosif

Explications

L’herpès anal est une infection sexuellement transmissible due au virus Herpès simplex, le plus souvent de type 2 mais parfois également de type 1. L’atteinte peut se manifester soit par une primo-infection, soit par des récidives, ces dernières étant de loin les plus fréquentes dans la pratique clinique (cas de notre patient).

La primo-infection correspond au premier contact avec le virus. Elle se traduit habituellement par un tableau bruyant, marqué par des douleurs anales intenses, des brûlures, un prurit, parfois un syndrome pseudo-grippal avec fièvre. L’examen proctologique met en évidence des vésicules groupées en bouquet qui se rompent rapidement pour laisser place à des ulcérations superficielles étendues et très douloureuses. Des signes urinaires tels qu’une dysurie ou une rétention, ainsi que des douleurs génitales, peuvent être associés. L’évolution spontanée dure en moyenne deux à trois semaines. La primo-infection est généralement la plus invalidante mais elle n’est pas toujours diagnostiquée, certaines formes pouvant passer inaperçues ou rester paucisymptomatiques.

Les récidives correspondent à la réactivation du virus qui persiste de façon latente dans les ganglions sacrés. Elles constituent la forme la plus fréquente de la maladie. Leur présentation clinique est plus discrète : la douleur ou la sensation de brûlure est moins marquée, les ulcérations sont petites, superficielles, souvent localisées et moins nombreuses, et la fièvre est rare. La cicatrisation survient plus rapidement, en sept à dix jours en moyenne. Ces récidives peuvent être favorisées par divers facteurs tels que le stress, la fatigue, les traumatismes locaux, les rapports sexuels ou encore une immunodépression. Leur fréquence est variable, allant d’un épisode par an à plusieurs crises mensuelles, et elles constituent la principale gêne chronique chez les patients atteints.

Dans les deux situations, le diagnostic clinique peut être confondu avec d’autres causes d’ulcérations anales comme la maladie de Crohn, la syphilis, dermatoses bulleuses, etc. Si le tableau est typique, l’examen clinique suffit au diagnostic, mais une PCR HSV peut être réalisée en cas de doute diagnostique.

Le traitement repose sur les antiviraux tels que l’aciclovir, le valaciclovir ou le famciclovir. Dans le contexte d’une primo-infection, une durée de traitement de sept à dix jours est recommandée, alors que pour les récidives, des schémas plus courts, d’un à cinq jours selon la molécule, sont efficaces à condition d’être instaurés précocement. En cas de récidives fréquentes ou invalidantes, un traitement au long cours peut être proposé. Dans tous les cas, la prise en charge doit inclure un dépistage des autres infections sexuellement transmissibles ainsi qu’une information du patient sur la prévention des transmissions.

Ainsi, la distinction entre primo-infection et récidive repose avant tout sur l’intensité et la durée des symptômes, plus marquées lors du premier épisode, et sur la fréquence ultérieure des poussées qui représente la véritable problématique clinique de l’herpès anal.

Référence : Workowski KA, Bachmann LH, Chan PA, Johnston CM, Muzny CA, Park I, Reno H, Zenilman JM, Bolan GA. Sexually Transmitted Infections Treatment Guidelines, 2021. MMWR Recomm Rep 2021 ; 70 : 1-187.

Soutenu par A. Legrand

A. Legrand