Le terme incontinence n’est pas spécifique, il peut exprimer l’incapacité à retenir les selles ou les urines.

On parle d’incontinence fécale en cas de perte de selles solides ou liquides et on parle d’incontinence anale en cas de perte de gaz. En principe, la retenue des gaz ou des selles se fait de manière involontaire (en dehors des périodes de défécations) ou de manière volontaire (lorsque le signal du besoin d’exonérer un gaz ou des selles a été envoyé). 

En cas d’impossibilité de retenue plus de 20 minutes (après que la sensation de besoin ait été ressentie), on parle d’incontinence active ou impériosités. En cas de pertes imperceptibles, on parle d’incontinence anale passive.

La première implique que le patient a ressenti un besoin mais qu’il n’a pu se retenir. Elle témoigne en général, d’une incapacité du sphincter anal externe à jouer son rôle. L’incontinence passive est une perte sans besoin préalable. Elle témoigne en général d’une incapacité du sphincter anal interne à jouer son rôle.

L’incontinence peut parfois n’apparaître que dans des situations particulières : efforts de poussée, rire, toux, diarrhée, etc. Elle est fréquemment multifactorielle, plus de 80% des patients incontinents présentent plusieurs anomalies du fonctionnement ano-rectal.

L’incontinence anale est très souvent vécue comme dégradante par les personnes adultes qui en souffrent.

La défécation normale

La partie terminale de l’intestin (l’anus et le rectum) joue un rôle complexe puisqu’elle doit assurer un contrôle parfait à la fois de retenue (on parle de continence) et d’évacuation des gaz et des selles (on parle d’exonération).

L’anus et le canal anal constituent la zone de passage terminale des selles au moment de l’exonération. Le canal anal est entouré de 2 muscles, appelés sphincters anaux, dont le rôle est d’ouvrir ou fermer l’anus pour assurer une partie de la continence.

  • Le sphincter anal externe, est un muscle relativement épais autour de l’anus. Il s’agit du muscle de la continence volontaire. Il est fatigable et son action peut durer généralement 30 minutes.
  • Le sphincter anal interne, est un muscle plus fin. Il joue un rôle dans la continence anale passive. Il est contracté en permanence en dehors des moments où le message du besoin d’exonération est envoyé au cerveau.

Le rectum est le réservoir qui contient des récepteurs à la distension. Il mesure environ 12 cm de hauteur.

Entre le rectum et l’anus, la ligne pectinée est une zone riche en terminaisons nerveuses dont un des rôles est la discrimination entre les gaz et les selles. C’est à ce niveau que le message est créé pour savoir si le contenu à exonérer est gazeux ou solide.

La communication entre le rectum et les sphincters, outre la discrimination des gaz et des selles est importante. En effet, lorsque le rectum est distendu, il active des récepteurs qui envoient un message vers le sphincter anal interne se relâche. Le sphincter anal externe prend donc le relai et se contracte de manière volontaire. A ce moment-là :

  • Soit le patient choisi d’exonérer et relâche le sphincter au moment de la selle, ce qui vide le rectum et renvoie un message de vacuité qui permet une contraction du sphincter interne.
  • Soit le patient choisi de se retenir jusqu’à ce que le sphincter anal externe soit fatigué. Un message est donc envoyé au rectum pour lui faire savoir que ce n’est pas le moment de se vider. Il libère alors le sphincter anal interne qui se contracte de nouveau et permet un relâchement du sphincter anal interne.

Cette communication entre les différents éléments de la région périnéale permet de mieux comprendre en quoi il est important de limiter les décalages d’exonération qui « habituent » le rectum à considérer qu’il est plein, ce qui joue un rôle dans les troubles de la continence.

Enfin, la qualité du transit influe de façon importante sur la défécation et la continence. En effet, le transit colique et la qualité des selles influent de façon très importante sur la continence et la défécation normales.